Office de Tourisme de la Côte des Havres – Communauté de Communes de Montmartin-sur-Mer
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La pêcherie « La Maillard »

Vous pouvez la voir , à marée basse sur la plage de Hauteville-sur-Mer, à 1500 m du rivage, dresser ses « palets », étirer ses longues « pannes » pour capturer les poissons qui s’aventurent sur son domaine.
 
 
Une pêcherie est un piège fixe tendu sur le sable pour attraper le poisson. Des pieux (« pallets ») sont plantés dans le sable tous les 60 cm environ. Les pieux ont une hauteur de 50 cm prés du rivage et de 1,40 à la pointe. Des branches sont tressées entre ces pieux pour constituer des haies (« pannes »). Deux haies, de 300 m de long, forment un V dont la pointe est dirigée vers le large. A marée haute le piège est sous la mer, à marée descendante le poisson qui se trouve à l’intérieur de la pêcherie (1 hectare et demi) est guidé par le courant vers le goulet et le « bénâtre ».
 
 
     
 
Le bénâtre est un piège circulaire d’un diamètre de 3 m et de 1,40 m de hauteur. Les parois du bénâtre sont tressées plus finement pour que le poisson ne puisse pas s’échapper. Il contient toujours de l’eau, même à marée basse, le poisson y est capturé vivant avec une épuisette (« libette »). Cette technique de pêche est une des plus anciennes. Elle était déjà utilisée au néolithique. Sur la plage de Saint-Jean-le-Thomas, dans la Baie du Mont-Saint-Michel, on peut voir actuellement les vestiges d’une pêcherie de l’âge de bronze (2300 ans avant J.-C.). Cette pêcherie utilisait déjà la même technique et les mêmes matériaux ; les archéologues ont pu dégager les haies de clayonnage demeurées intactes dans la tangue
 
Cela fait donc plus de 4300 ans que l’on pêche ainsi sur notre rivage. Les pêcheurs se sont transmis, de génération en génération, des techniques ancestrales. Au Moyen-âge les seigneurs et les Abbayes (Lessay, La Lucerne, Mont-Saint-Michel..) possédaient des pêcheries sur le rivage. En 1475 il y avait douze pêcheries sur les plages de Hauteville et de Montmartin. « La Maillard » était sans aucun doute parmi elles ; ce dont on est certain c’est qu’elle s’y trouvait avant 1544. Seuls les pêcheurs qui ont pu produire un acte de propriété antérieur à cette date ont été autorisés à maintenir une pêcherie sur le rivage. Les Rois de France ont demandé à leurs inspecteurs de vérifier les droits de propriété au 16 ème siècle, au 17 ème et au 18 ème siècle. Napoléon III fit, au 19 ème siècle, en 1854, vérifier les droits des pêcheurs. « La Maillard » a vu, à chaque inspection, son droit d’existence confirmé. Il était interdit de déplacer ces pêcheries et il fallait respecter des règles de construction : les dimensions, la surface, la taille des poissons autorisés à la capture, les périodes de pêche étaient strictement réglementés.
 
La Maillard appartient depuis quatre générations à la famille Lepeu. Marcel et Jean-Claude veillent quotidiennement sur elle ; ils espèrent toujours être récompensés de leurs efforts par de belles captures. Mais le poisson est capricieux et se fait de plus en plus rare. Les marées, mais surtout le vent ont une grande influence. Le vent est « l’balai d’la mé » (le balai de la mer), comme on dit par ici.
 
      
 
Il ne reste que deux pêcheries en bois de ce type en Europe, "La Maillard" à Hauteville et "La Petite" à la pointe d'Agon. Toutes deux établies de chaque côté de l'embouchure de la Sienne, elles ont toutes deux pour propriétaires des "Hautais"; la famille Mahé, propriétaire de "La Petite" depuis trois générations, est aussi originaire de Hauteville.
 
Remercions ici les familles Lepeu et Mahé qui ont su, génération après génération, préserver un élément essentiel de notre patrimoine maritime. Elles ont su conserver, transmettre des techniques ancestrales, et répéter sous nos yeux étonnés des gestes millénaires. Et c'est avec beaucoup de gentillesse qu'elles vous communiquerons leur passion pour les pêcheries. Longue vie à "La Maillard", longue vie encore aux pêcheries !