Contrières

Sur les chemins du bocage à Contrières

Franchissant un pont de vieilles pierres, vous pénétrez au cœur du bocage coutançais, dans la verdoyante commune de Contrières. Nichée au creux de la vallée, entre Vanne et Sienne, Contrières est une bourgade typique du monde rural, dans ses traditions comme dans sa dimension moderne.
Mémoires des temps passés

Le passé de la commune est riche en évènements, témoins de périodes heureuses ou plus tragiques. Le Moyen Age rapporte quelques souvenirs, ça et là, qui font apparaître le nom de Contrières et des divers seigneurs qui s’y sont succédés, au fil des ans. En 1066, Raoul de Quesnay et un « Sieur de Monceaux » sont aux côtés de Guillaume le Conquérant, devant Hastings. En 1204, Philippe-Auguste, tout à sa rivalité avec l’Angleterre, sait qu’il peut compter en Normandie sur ses fidèles, comme le seigneur de Monceaux, qu’il a affecté au château de Gavray. Au 14ème siècle, une nouvelle famille, les Louvel, s’installe sur deux fiefs, à Contrières et à Monceaux. Lors de la Révolution, François Armand Bonaventure Louvel de Monceaux se distingue en soutenant activement la chouannerie normande, aux côtés de Michelot-Moulin et du célèbre Frotté. Après diverses intrigues liées à la réaction, il renonce finalement et la trace des Louvel s’estompe vers 1830, au profit de la famille De Cahouët, alliée du premier, qui résident encore à Monceaux de nos jours.
Comme l’a si bien chanté le poète Normand Louis Beuve, à propos de Quettreville sur Sienne, « tous les dainmainch’, mei je sîs bi content, d’men aller r’vais ma vûle éghyîse… ». Pendant des générations, la paroisse a joué un rôle incontournable, avec, en son cœur, l’église du village. A Contrières, c’est une tour quadrangulaire du 15ème, un solide clocher à bâtière de tradition normande, flanqué d’un remarquable if millénaire, qui domine le bourg. Construit dès le 11ème siècle, l’édifice montre encore des traces architecturales anciennes comme un mur septentrional en « opus piscatum », une maçonnerie imitant les feuilles de fougères ou les arêtes de poisson, une porte cintrée et plusieurs traces de petites fenêtres élancées. Quant au chœur et à la nef, l’ensemble date plutôt de la fin du 14ème et du début du 15ème siècle.

L’amateur d’histoire, d’archéologie et d’énigmes appréciera l’intérieur de l’église paroissiale de Contrières. En effet, à l’entrée de la nef, trônent de superbes fonts baptismaux, qui intriguèrent quantité de spécialistes et qui posent encore, de nos jours, de multiples interrogations. La cuve baptismale est l’une des plus connue de la région, elle est imposante par son volume et surtout intéressante par son décor. Formée d’un bloc cylindrique de granit travaillé, la cuve repose sur un soubassement maçonné et dispose d’une bordure supérieure en forme de plate-bande légèrement saillante et ornée de pointes de diamant. Le plus intéressant provient du décor qui orne la cuve. On y distingue une suite composée de quatorze personnages, piétons et cavaliers. On y reconnaît des clercs, des chevaliers et des soldats de pied formant une sorte de procession, ponctuée de motifs circulaires décoratifs. En fait, l’énigme demeure, même si beaucoup s’accordent pour y voir une cérémonie de consécration d’autel ou un baptême, d’autres y voient une procession religieuse avant la bataille, peut-être même la célèbre « messe aux épées » qui précéda Hastings, en 1066.

Hormis ces fonts baptismaux, l’église de Contrières dispose d’un mobilier typique des églises rurales du Coutançais, on y trouve un vitrail fort intéressant dédié aux morts de 1914-1918, de nombreuses statues parmi lesquelles Sainte Barbe et Sainte Marguerite, patronne de la paroisse. Sur l’église, le lundi 16 décembre 1811, sur les six heures du matin, un fait peu banal se produisit. La foudre tomba sur le clocher de Contrières, faisant ainsi littéralement exploser la tour, ce qui projeta quantité de pierres sur les maisons environnantes, sans autres dommages. Des blocs de près de 200 livres furent expédiés dans les champs, à proximité, la tour dut être entièrement rebâtie. Quant à la cloche, on la retrouva intacte.

A quelques centaines de mètres du bourg, l’ancienne paroisse de Quesnay, rattachée à la commune de Contrières en 1794, est aussi un ensemble fort intéressant qui juxtapose le château, la chapelle, le presbytère, le moulin, la ferme et diverses maisons alentours. S’agissant de patrimoine privé, vous pourrez néanmoins mesurer l’intérêt architectural et patrimonial au travers d’une tranquille ballade dans les environs. Le château de Quesnay est un bel édifice rectangulaire du 17ème siècle, aux motifs décoratifs originaux, sans oublier les deux piliers à damiers de briques et de pierre, qui encadrent l’entrée. Leur particularité est telle qu’on les considère comme uniques dans la région. La chapelle a subsisté au fil des siècles, mais elle a été modifiée, c’est désormais un simple bâtiment, aux côtés du château. Bâtie dès le 11ème, dans le style roman, cette petite église était placée sous le vocable de Sainte-Marguerite et c’est l’abbaye d’Hambye qui y nommait le prêtre desservant.

Travaux des jours, animations des fêtes

L’agriculture et l’élevage sont encore les activités principales sur lesquelles se fonde l’économie locale. La commune vit donc au rythme des travaux des champs, des jeux d’écoliers et des rencontres de tous les jours. Paisible village, Contrières s’anime à de multiples occasions, du fait de ses nombreuses associations et de leurs activités (tournoi de football, randonnées, repas à la ferme, animations de clubs et sorties diverses,…)

La commune donne aussi rendez vous chaque année à tous les brocanteurs, chineurs et amateurs d’antiquités, dans le matin frais du début avril, pour un gigantesque déballage, le plus important du canton et un des plus renommés de la région. Ce sont des centaines de badauds, d’acheteurs et de vendeurs qui arpentent les rues du bourg, à la recherche de l’objet rare ou simplement, pour un moment de détente convivial, au milieu du bocage.

Tous les ans, un peu après la mi-juillet, la commune organise la traditionnelle fête Sainte Marguerite, dans une ambiance champêtre et familiale, qui attire quantité d’habitants, d’amis des environs ou de plus loin. Tous se retrouvent autour d’un copieux repas, cuit au feu de bois, dans la tradition des « tournous d’gigot » d’antan. Sous la tente, les invités passent un bon moment, font des connaissances en s’amusant au rythme des jeux divers qui émaillent l’après-midi, sous le soleil. Dans la convivialité et la bonne humeur, les derniers ne se quittent que tard en soirée, alors que la nuit est déjà tombée…

Régulièrement, Contrières accueille ses amis alsaciens de Bergbieten, les communes étant jumelées depuis près de 38 ans, ce qui donne lieu à de nombreux échanges entre les deux régions, sans compter la coopération qui s’est établie avec Zingan, village du Burkina-Faso. Des relations durables sont ainsi tissées, au fil des années, au fil des tempéraments.

Pour les amateurs de randonnée, la commune dispose aussi d’un circuit, à prolonger dans les communes avoisinantes. Au détour des petites routes ou des « chasses », bordées de haies vives et de chemins creux, vous pourrez découvrir de nombreuses demeures typiques du pays, grandes fermes ou simples maisons d’habitation, mais aussi des points de vue sur la campagne, avec de vertes prairies aux pommiers en fleurs, des sentiers ombragés ou encore une petite rivière qui serpente, sous un antique pont de pierre, pour le bonheur des pêcheurs.

Petite bourgade du Coutançais, à l’est du canton de Montmartin sur mer, Contrières saura vous étonner, vous surprendre. Ses habitants vous convient à sa rencontre…